Compagnie Cap Sur Scène

Compagnie Cap Sur Scène

Charlène Lauer se présente (juin 2017)



    
Metteur en scène depuis quatre ans et comédienne depuis quatorze ans, je suis productrice de ma propre compagnie de théâtre avec laquelle j'ai mis en scène trois spectacles à ce jour, le quatrième étant en cours. J'ai dernièrement monté L'Invitation au château de Jean Anouilh, succès au festival Off d'Avignon 2016, au Funambule Montmartre et à la Comédie Saint Michel à Paris. Le spectacle repart pour une deuxième édition du Festival d'Avignon cette année ! Pour ce projet, j'ai eu le soutien de Colombe Anouilh d'Harcourt, fille de Jean Anouilh : autant de raisons qui me rendraient très heureuse de travailler sur une nouvelle pièce de Jean Anouilh.
     Je suis également titulaire d'un Master "Théâtre et autres arts" (Sorbonne Nouvelle). Je me suis spécialisée dans la mise en scène et sur la figure d'Antonin Artaud, plus précisément.
   Je vous laisse en découvrir davantage à mon sujet à travers mon site : lauercharlene.wixsite.com/comedienne.




Le Bourgeois Gentilhomme : note d'intention de la metteuse en scène


Pourquoi se moquer de Monsieur Jourdain ?

Comment ne pas avoir de la tendresse pour ce petit bourgeois ? Maladroit et susceptible, Jourdain hait sa condition bourgeoise et rêve d'être un autre, rêve d'être une « personne de qualité ».
Par sa capacité d'émerveillement et son rêve naïf de grandeurs superficielles, il renferme un paradoxe étonnant, il est vrai. Alors gravite autour de lui tout un monde qui le reflète : des maîtres, censés apporter les clefs de la noblesse, des faux-amis, tels que Dorante ou Covielle, qui se jouent de lui, l'un pour l'argent, l'autre pour que son maître et la fille de notre bourgeois s'unissent, puis enfin sa famille, dépassée ou encore étouffée par ce rêve. Nous avons ainsi la chance d'obtenir une galerie de personnages haute en couleurs et très riche en coups de théâtre.

Les frontières entre la vie et le jeu sont brouillées...

Contrairement à ce que nous livrent les apparences, Jourdain cherche moins à paraître que les autres. Il ne porte pas de masque, sur ce chemin vers les grandeurs qui l'éblouissent.
En revanche, par mimétisme, il cherche à se forger un masque de « personne de qualité », voulant apprendre les secrets de sa confection et combler son manque d'estime de soi. Naïf, entier et gonflé d'un enthousiasme presque enfantin, il essaie ainsi de savoir jouer un rôle, pendant que tous, sans exception, jouent un rôle en permanence en gravitant autour de lui - et ils seraient même un peu déstabilisés au contact de notre homme ! Nous avons alors un jeu de masques, des masques sociaux puissants et hautement fantaisistes.
Qui plus est, le point d'orgue de cette mise en abîme survient lors de la grande supercherie imaginée par Covielle, qui prépare toute une mascarade pour que son maître Cléonte puisse épouser Lucile, fille de Jourdain. Pour ce faire, il met en scène une véritable pièce de théâtre, grotesque et joyeuse, qui raconte une cérémonie turque et fait « Mamamouchi » notre bourgeois gentilhomme. Ce spectacle est digne d'un théâtre de Guignol. La tromperie donne à chacun un nouveau rôle, créant ainsi une fantasmagorie burlesque de premier choix, où Jourdain vit son rêve de grandeur et où le ridicule fait place à l'émerveillement.

Et avant tout, rire !

Le Bourgeois Gentilhomme adopte une recette hautement comique, grâce à un florilège de procédés : comique de situations, de mots, de caractères... Des personnages surprenants et une intrigue purement théâtrale, réglée en ballet, enrichie de commedia dell'arte et de burlesque, offrant un moment d'une grande fantaisie, dynamique et coloré, tout en danse et en musique. Par ailleurs, l'actualité de cette pièce est saisissante et en rire fait du bien. Nul n'est besoin de dépoussiérer la partition de Molière, la thématique de cette quête de ce que l'on n'est pas, de ce que l'on n'a pas, continue de faire écho, délicieusement tournée en dérision par un Molière dont la langue et le comique ne cessent de ravir.